ASSE - Gasset explique le chaos à son arrivée... et son grand ménage

Gasset explique le chaos à son arrivée... et son grand ménage


Gasset raconte la mission sauvetage de l'ASSE
Gasset raconte la mission sauvetage de l'ASSE

L'ASSE semble partie pour aller chercher l'Europe. Pourtant, lorsqu'il arrive en décembre, Jean-Louis Gasset trouve un club déchiré... Le technicien revient sur la formidable remontée des Verts auprès de L'Equipe.

"Je ne sais pas, sincèrement." Lorsque L'Equipe lui demande s'il sera encore à l'ASSE la saison prochaine, Jean-Louis Gasset doute. La décision de ses présidents, celle de Laurent Blanc... De nombreux paramètres entrent en ligne de compte. Pourtant, l'entraîneur l'admet, "on se régale ici". Après une longue période de doute, "les gens ont retrouvé le sourire, je suis heureux et j'ai l'impression que je ne suis pas loin des miens." La fin de saison est proche, l'heure du choix aussi... Le coach n'est pas stressé, il relativise : "à mon âge (64 ans), d'autres vont à la pêche ou à la chasse. Tu as la sensation que c'est bon, tu n'auras plus de grandes décisions à prendre. Or, moi, je me retrouve encore à un carrefour."

Avant ce "carrefour", le coach a eu quelques épreuves à passer... L'ASSE était dans le trou. "Déjà, il fallait en sortir. Il y en avait trop et certains étaient mécontents de ne pas jouer..." Le coach a commencé à trancher, à rappeler certains joueurs de côté, à en relancer. "Il fallait un groupe équilibré de dix-huit joueurs, pas de vingt-cinq, explique-t-il. Surtout, j'avais mon idée sur le profil à recruter : des joueurs avec un passé et de la sérénité, afin de ramener les cadres à leur niveau." Debuchy, Subotic, M'Vila, trois nouvueaux arrivants, trois nouveaux cadres... "Des défenseurs, pour reconstruire les fondations, et avoir des joueurs qui voulaient le ballon", synthétise le coach.

Panique à tous les étages

Conséquence, oublié le maintien, retour dans la course à l'Europe. "Il fallait autre chose que la bagarre car Saint-Étienne n'était pas programmé pour ça, apprécie le technicien ligérien. Pour remonter la pente, fils, c'était dur." Très dur. L'hiver a été rude... et Gasset a rapidement déchanté au vu du groupe. "Je ne connaissais que cinq joueurs et ils étaient au fond du seau, se souvient-il. Ruffier, Perrin ou Hamouma, aucun n'était le personnage et le joueur que je connaissais en vrai. Ils étaient traumatisés." Il faut dire que le derby à Lyon (0-5) a été vécu comme une humiliation. "En interne, le club était ébréché."

Non, l'entraîneur des Verts n'a aucun mal à dépeindre le triste tableau qu'il a vu en débarquant dans le Forez. "Il y avait des clans, les hommes d'untel et d'untel..." Ceux de Bernard Caïazzo, ceux de Roland Romeyer, "et de Galtier", se souvient-il. "Tout le monde se regardait en chien de faïence. Quand les dirigeants m'ont demandé de passer numéro 1, j'ai mis deux conditions. Un, Ghislain (Printant), qu'il ne faut jamais oublier car c'est lui qui fait le travail, vient avec moi. Deux, on recrute quatre ou cinq joueurs de haut niveau." Mise sous le fait accompli, la direction stéphanoise à cédé.

L'union sacrée

"Ils voyaient la bobine partir sans savoir comment rattraper le fil, ils ont accepté." La métaphore est belle, l'histoire aussi. Jean-Louis Gasset a réussi une belle mission. Arrivé devant, les joueurs, le nouveau technicien des Verts a cassé les codes. Son premiers discours a calmé tout le monde : "nous, on s'en fout de vos histoires. Une seule chose compte : sauver le club.” Ç'a été chaud, mais il fallait faire l'union sacrée." Résultat, l'AS Saint-Etienne ne descendra pas cette saison... et peut aller chercher la Ligue Europa. L'aventure continue, dès ce dimanche après-midi (17 heures), contre Troyes.

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