Le maintien, nouvel objectif des Verts ?


Perrin et les siens sont actuellement dans une très mauvaise dynamique
Perrin et les siens sont actuellement dans une très mauvaise dynamique

En crise de jeu et de résultats, Saint-Etienne n'en finit plus d'inquiéter et de patiner en Ligue 1. Suffisant pour imaginer les Verts lutter pour le maintien cette saison ? Eléments de réponse.

Se déplacer au Vélodrome n’est jamais une formalité. Le PSG pourrait le confirmer, lui qui est passé à deux doigts de la déconvenue dans la cité phocéenne le 22 octobre dernier (2-2). C’est dire l’ampleur de la tâche qui attend Saint-Etienne, dimanche soir, en clôture de la 17e journée de Ligue 1. Les Verts iront défier les hommes de Rudi Garcia alors qu’ils n’ont pas décroché la moindre victoire depuis un succès contre Metz (3-1) il y a bientôt deux mois. L’ASSE, 12e de Ligue 1, n’a que deux points d’avance sur le barragiste, Lille, avec un match en moins. Et sa dynamique actuelle laisse à croire que jouer le maintien, ce cauchemar inimaginable en début de saison, pourrait se transformer en objectif.

Pajot : « On joue le maintien »

Vincent Pajot a d’ailleurs été l’un des premiers à tirer à ce point la sonnette d’alarme, dimanche dernier, à l’issue d’un match une nouvelle fois très pauvre face à Nantes (1-1) : « A partir du moment où on est dans le bas du classement et que c’est très serré jusqu’aux relégables, on ne va pas se leurrer : on joue forcément le maintien », a lâché le milieu de terrain en zone mixte. Certes, Nice, Bordeaux, ou encore Lille sont dans une situation similaire, voire pire, au classement. Mais dans le contenu des rencontres, les Verts sont certainement les plus inquiétants des clubs cités. A coup sûr, les plus ennuyeux. Saint-Etienne n’a en tout cas pris que dix points contre les équipes de l’actuel top 10. Mais sans manquer de respect à ces équipes, neuf l’ont été contre Dijon, Caen et Amiens. Pas rassurant avant de se déplacer à Marseille puis de recevoir Monaco, alors que le club du Forez a souvent sombré dans les grosses rencontres.

Un changement de coach qui n’a (pour l’instant) rien donné

Cinq mois après son arrivée dans la Loire, Oscar Garcia a, en démissionnant le 15 novembre dernier, mis fin prématurément à un projet annoncé comme prometteur en début de saison. Si les Verts restaient à ce moment-là sur trois défaites en quatre matchs toutes compétitions confondues, l’arrivée de Julien Sablé, rejoint ensuite par Jean-Louis Gasset, n’a rien changé. Ni dans les résultats, puisque Saint-Etienne a depuis enchaîné quatre nouvelles rencontres sans victoire, ni dans la manière. Pire, le projet stéphanois paraît plus flou que jamais et la situation en interne semble s’être crispée. En cause notamment, l’ultimatum qu’aurait fixé Roland Romeyer à Julien Sablé selon L’Equipe (prendre huit points lors des six derniers matchs de l’année), mais aussi le cas Alain Ravera, remplacé par Gasset comme adjoint de Sablé et actuellement « dispensé d’activité » alors qu’il souhaite rejoindre Lens à la trêve… Et pour ne pas arranger les choses, le président du Directoire des Verts aurait menacé de s’en aller si les résultats ne s’arrangeaient pas.

Peut-on réellement imaginer un tel effectif descendre en Ligue 2 ?

Saint-Etienne ne séduit pas dans le jeu, c’est une certitude. Les Verts n’ont pas non plus un effectif taillé pour le podium, peut-être même pas pour le Top 5. Mais imaginer un groupe composé de Stéphane Ruffier, l’un des tous meilleurs gardiens français, Rémy Cabella, dans le groupe des Bleus pour le Mondial 2014, ou encore Loïc Perrin et Romain Hamouma terminer entre la 18e et la 20e place paraît improbable. Certes, le capitaine stéphanois est régulièrement blessé et l’ASSE n’a pas de buteur attitré. Mais a-t-on déjà vu un tel groupe descendre à l’étage inférieur ? Dans l’histoire récente, difficile d’en retrouver trace. Il y a bien eu l’exemple du PSG, proche de la descente jusqu’à la dernière journée en 2008. Mais Amara Diané avait libéré le club francilien. Toulouse, dans une moindre mesure, avait aussi sauvé sa place in extremis. L’exemple le plus proche est peut-être celui de Lorient, relégué en fin de saison dernière mais qui disposait tout de même d’un effectif moins garni.

Un déclic et tout repart ?

L’ASSE n’est pas encore, comptablement, dans une situation catastrophique. Et dispose d’un peu de temps pour se réveiller avant que ce ne soit le cas. Le football se joue aussi dans les têtes et une petite série, voire une seule rencontre, peut relancer la machine. Et les leviers sont nombreux : il « suffit » qu’une ou plusieurs recrues se réveillent, que Loïs Diony se mette à marquer, ou encore que Jonathan Bamba explose véritablement pour que la confiance revienne. Facile à dire, il est vrai. Mais cela illustre surtout le fait que les Verts sont loin d’être dépourvus de solutions, sans compter que le mercato hivernal arrive et que des mouvements sont peut-être à prévoir. Metz, déjà condamné, mais aussi Guingamp, Troyes, Toulouse, ou Angers, entre autres, ne semblent pas avoir la même marge de manœuvre, tant au niveau des points engrangés que des forces en présence. Mais l’état d’esprit et l’expression collective valent aussi leur pesant d’or. Et à ce niveau-là, Julien Sablé et ses hommes ont du travail…

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