Portrait

Yann M'Vila : De l'exil en Russie jusqu'à sa renaissance à Saint-Étienne

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Si l’AS Saint-Étienne a fait une excellente saison 2019, avec notamment une qualification pour l’Europa League, c’est en partie grâce à Yann M’Vila. Venu à l’hiver 2016 pour se relancer en France après des années d'errance, il a retrouvé la lumière sous les ordres de Ghislain Printant et surtout de Jean Louis Gasset.

Pour mesurer l’influence de M’Vila dans le jeu stéphanois cette année, une statistique suffit : il a été le 3e joueur de Ligue 1 à avoir touché le plus de ballons. Il faut remonter aux années 2010 pour le voir à un tel niveau. Depuis son départ de Rennes vers Kazan, jusqu’à son retour providentiel, M’Vila a vécu un calvaire. Son histoire mérite d’être racontée, car elle pourrait servir aux plus jeunes.

Si le futur de M’Vila à l’ASSE est encore flou, le retour des Verts en Coupe d’Europe fait le bonheur des supporters et des parieurs. Vous avez envie de parier sur les performances du club l’année prochaine, mais vous ne savez pas quel site de pari choisir ? Commencez par consulter un comparatif de paris sportifs afin de déterminer quel bookmaker a la meilleure offre de bienvenue.

2010-2012 : Yann M’Vila découvre le haut niveau et accède à l’équipe de France

Formé à Rennes, Yann M’Vila crève l’écran chez les jeunes en remportant notamment le Championnat de France des 18 ans (2007), mais surtout la Gambardella en 2008. En finale, il inscrira un but d’une frappe stratosphérique de 25 mètres. Il signe professionnel dans la foulée de la victoire et sera lancé par Antonetti un an plus tard en équipe première.

Dès 2011, M’Vila est capitaine de l’équipe malgré son très jeune âge. Son statut de joueur incontournable lui ouvre les portes de l’équipe de France. Très apprécié par Laurent Blanc, il s’installe naturellement au poste de sentinelle aux dépens du Bordelais Alou Diarra.

L’Euro 2012 sonnera comme le premier coup de semonce. Non seulement il se blesse lors du premier match de préparation, mais il se signale lors des demi-finales en refusant de saluer Laurent Blanc et Olivier Giroud, qui entre à sa place.

À la suite de la compétition, la FFF envisage des sanctions contre lui, mais aussi contre Hatem Ben Arfa, Jérémy Menez et Samir Nasri. Finalement, aucune poursuite ne sera engagée. Avec l’intronisation de Didier Deschamps, M’Vila disparaît de l’équipe de France A et fait son retour chez les Espoirs à seulement 22 ans.

13-14 octobre 2013 : M’Vila et la fameuse soirée en discothèque

Le tournant de sa carrière sera la fameuse virée en discothèque dans la nuit du 13 au 14 octobre 2012. Les Bleuets sont en plein barrage de qualification à l’Euro 2013. Ils se sont imposés 1-0 face à la Norvège au match aller et doivent jouer le retour au Havre.

Trois jours avant le match, M’Villa, Antoine Griezmann, Wissam Ben Yedder, Chris Mavinga et M’Baye Niang se rendent à Paris en discothèque. La suite sera tragique : les Français s’inclinent 5-3 lors du barrage retour et échouent à se qualifier pour l’Euro 2013.

Lorsque le scandale éclate, les joueurs sont convoqués par la Commission de discipline. Ils sont suspendus jusqu’au 31 décembre 2013, à l’exception de M’Vila dont la sanction est étendue jusqu’au 30 juin 2014. Il ne reverra plus l’équipe de France.

Rubin Kazan, Inter Milan, Sunderland : l’exil forcé de Yann M’Vila

L’affaire de la virée entraîne l’exil forcé du joueur au mercato d’hiver 2013. Pris en grippe par une partie de la presse, M’Vila décide de partir en Russie. Il est transféré au Rubin Kazan pour une somme aux alentours de 15 millions d’euros. Toutefois, il peine à s’imposer. Après une demi-saison très timide (5 apparitions seulement), il bouclera l’exercice 2013-2014 avec 32 matchs au compteur, dont 13 en C3. Insuffisant pour la direction.

L’année suivante, il est prêté à l’Inter de Milan. Mezzari ne compte pas vraiment sur lui et M’Vila doit se contenter de timides apparitions. Il jouera moins d’une vingtaine de rencontres toutes compétitions confondues. Il retourne donc en Russie avec le goût amer de l’échec.

Lors de la saison 2015-2016, il prend la direction de la Premier League et de Sunderland pour un nouveau prêt. Cette fois-ci la roue tourne. Il fait une saison pleine avec à la clé 37 matchs de championnats. Il marque même un but, quelque chose qui n’était plus arrivé depuis son avant-dernière saison à Rennes. Malgré une volonté de rester au club, Sunderland ne le conserve pas. Il repart donc une nouvelle fois en Russie.

Yann M’Vila signe un retour remarqué à l’AS Saint-Étienne

De retour à Kazan, il est en concurrence avec Alexandre Song et fait une saison en demi-teinte. Malgré tout, en décembre 2016, il signe une extension de contrat jusqu’en 2020. L’année suivante, avec l’arrivée de Kurban Berdyev, le club décide de le libérer au mercato hivernal. Quelques heures plus tard, il signe en France à l’ASSE.

La suite est connue : il fait une bonne demi-saison sous les ordres de Ghislain Printant, signe une prolongation de contrat à la fin de la saison, et obtient un rôle de titulaire dans le onze de Jean-Louis Gasset. Dans le Forez, le sourire est revenu, tout comme l'envie de jouer et de faire jouer.

La sortie nocturne en discothèque a eu un effet terrible sur un footballeur qui était alors loué pour son calme et sa maturité. À l’instar de M’Baye Niang, M’Vila a quitté le cocon rennais pour se retrouver dans des clubs où les entraîneurs marchent aux performances et non à l’affect. Avec Printant et Gasset, il a retrouvé des personnes qui lui ont fait confiance. M’Baye Niang a connu la même chose cette année avec Julien Stéphan à Rennes. Et comme par miracle, tous les deux ex-fêtards ont retrouvé la lumière.