ASSE

Imbroglio au sommet de l'ASSE !

Les sourires ne sont plus de circonstance pour Roland Romeyer...
Les sourires ne sont plus de circonstance pour Roland Romeyer...

L'Equipe nous apprend ce matin que l'ASSE est, depuis quelques mois, le champ de bataille d'une guerre judiciaire entre Roland Romeyer et un autre actionnaire du club, Adao Carvalho. Ce dernier aimerait récupérer la gestion de ses parts pour les revendre à un repreneur, dont le passé et le projet ont de quoi inquiéter...

Voilà plus d'une demi-décennie que l'AS St-Etienne a retrouvé de la stabilité. Au niveau de son organigramme, d'abord, avec un duo de présidents (Bernard Caïazzo et Roland Romeyer) complémentaire et bien huilé, puis sur le plan sportif, ensuite, grâce au travail effectué par Christophe Galtier pour replacer les Verts sur l'échiquier européen. Mais après plusieurs années passées sur des eaux paisibles, le navire stéphanois pourrait vite se remettre à tanguer, secoué par des vagues qui s'annoncent menaçantes...

Dans son édition du jour, L'Equipe détaille dans ses grandes largeurs un imbroglio au sommet de la direction du club. Pour comprendre, il faut s'intéresser aux structures juridiques de l'ASSE, détenue à 88% par la société anonyme ASSE Groupe (l'association ASSE détient 12%), dont les parts sont elles-mêmes partagées à égalité entre la SC Cesse Foot de Bernard Caïazzo & associés (44%) et la SARL Croissance Foot (44%). C'est au sein de cette dernière entité qu'un conflit a lieu, depuis plusieurs mois, entre Roland Romeyer et Adao Carvalho, qui détiennent chacun 22% du capital de l'ASSE. Vous suivez toujours ?

Le premier, passé président du directoire en 2009, doit cette nomination aux ennuis judiciaires du second, inquiété par la justice dès 2007 pour des faits d'abus de biens sociaux, de travail dissimulé et de recours au marchandage, avant d'être finalement condamné à trois ans de prison (dont un avec sursis), 200 000 € d'amende et une interdiction définitive de gérer, diriger ou administrer une entreprise, en 2014. Ses parts à l'ASSE avaient donc été gelées.

Un repreneur potentiel plutôt inquiétant...

La procédure étant aujourd'hui terminée, Carvalho a obtenu le dégel de ses parts et entamé une bataille juridique avec Romeyer pour que son nom figure dans les statuts de l'ASSE. Cela lui permettrait de revendre ses parts à un duo de repreneurs très surprenant, formé par Jacques Pauly, dont le passé dans ce genre d'affaires est peu glorieux - il a été, selon ses propres dires, "condamné à trois ans de prison avec sursis pour une histoire de sponsoring du FC Rouen en 1999" - et Laurent Roussey, entraîneur des Verts entre 2007 et 2008 aujourd'hui en poste au Créteil-Lusitanos (19e de Ligue 2).

"Je veux en faire un Real Madrid à l'anglaise, avec Roussey comme manager général, accompagné de neuf experts, financier, juridique, commercial, etc., et doté d'un premier budget de 100 M€", détaille Pauly dans les colonnes du quotidien sportif. Des promesses ambitieuses qui interpellent sur le sérieux de l'homme d'affaires, autant qu'elles interrogent sur la noblesse de ses intentions... En attendant, l'AS Saint-Etienne se prépare à la houle, en espérant ne pas replonger vers les bas-fonds...