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La franche mise au point de Claude Puel sur la situation économique des Verts

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Claude Puel, l'entraîneur et manager général de l'AS Saint-Etienne.
Claude Puel, l'entraîneur et manager général de l'AS Saint-Etienne.

À la veille d'un déplacement attendu sur la pelouse du Racing Club de Lens, Claude Puel, l'entraîneur et manager général de l'AS Saint-Etienne, s'est fendu d'un long point sur la situation financière des Verts. Sans langue de bois.

De passage en conférence de presse ce vendredi midi, Claude Puel n'a que très peu évoqué le match de la 6ème journée de Ligue 1 face aux Sang-et-Or, pourtant programmé ce samedi après-midi (17 heures, Stade Bollaert-Delelis). Le technicien forézien s'est surtout épanché sur la vente de Wesley Fofana. Malgré une très, très grosse rentrée d'argent avec le transfert historique (35 M€ + 5 M€ de bonus + 20 % sur une éventuelle revente) du jeune défenseur central (19 ans) pour Leicester City, qui vient d'être confirmé par les deux clubs, la formation ligérienne ne recrutera pas. "Nous n'aurons pas plus de moyens avec le départ de Wesley. Je savais dès mon arrivée à la mi-octobre qu'il fallait définir un autre projet, avec le besoin de réduire considérablement la masse salariale. C'est la mission a laquelle je m'attèle depuis mon arrivée. C'est un gros challenge pour nous, pour le staff, pour le club, avec peu de moyens", a indiqué Claude Puel, et d'ajouter : "Wesley, je m'opposais à ce qu'il parte, car je considérais qu'il n'était pas prêt, et qu'il était très important pour nous. Il aurait été difficile à remplacer".

"Le départ de Wesley va permettre de pérenniser le club"

Finalement, devant l'insistance du club anglais et face à la volonté du principal intéressé de quitter son club formateur, une vente est devenue inévitable. Celle-ci va aussi, et surtout, permettre à l'ASSE de souffler un peu au niveau de ses comptes : "Le départ de Wesley va permettre de pérenniser le club et de ne pas engager d'autres dépenses. Il y a une politique précédente qui a impacté le fonctionnement économique de notre club, pour son futur à court et moyen terme, il faut suivre le projet mis en place depuis octobre. De se battre pour le garder et le prolonger aura permis de bien le vendre, s'il n'avait pas prolongé, il serait parti pour quasiment rien", a rappelé Claude Puel. Relancé par les journalistes, le manager général a été très clair sur cette transaction : "La question, ce n'est pas de savoir si le club ne pouvait pas dire non, il n'y a même pas de débat. Entre pérenniser le club et ses salariés et garder Wesley, il n'y a aucun débat. Le club a fait des investissements avec des budgets conséquents, il faut rembourser beaucoup de choses et se remettre au niveau des possibilités du club", a expliqué Claude Puel, et de poursuivre avec un message destiné aux supporters : "Je n'ai pas à juger ce qui a été fait avant moi, mais le constat est le suivant, c'est un gros challenge, il est important de l'expliquer, que tout le monde soit au courant, pour soutenir ses jeunes, être patient et les encourager".

"Financièrement, on ne peut pas être acteur sur ce mercato"

Très affaibli sportivement par ce départ, Claude Puel a ensuite été catégorique : il n'en veut ni à son désormais ex-joueur, ni à ses dirigeants. Le technicien savait très bien où il mettait les pieds en rejoignant les Verts il y a bientôt un an tout pile, le 4 octobre 2019. "Le départ de Wesley c'est le football, je n'en veux à personne, pas à Wesley, le but pour les clubs et pour le notre c'est d'être décideur, et de faire évoluer notre effectif en connaissance de cause avec la possibilité de les remplacer", a-t-il assuré face à nos confrères, et de continuer en évoquant les dommages causés par la récente politique de l'ASSE en terme de recrutement : "Quand on achète à crédit, il faut rembourser à un moment donné. Les dirigeants ont essayé de donner des possibilités très importantes en terme de masse salariale, mais le club s'est endetté, les dirigeants ont tout fait pour garder ce club au plus haut niveau". Dans la Loire, les derniers jours du mercato s'annoncent donc calmes, sauf opportunité exceptionnelle : "Si il n'y avait pas eu les données économiques du club, Wesley serait encore avec nous. Il y a des choses imposées avec des éléments qui changent la donne, il ne faut pas fantasmer sur la situation du club. Sauf quelque chose qui nous parait un renfort indispensable, il sera compliqué de se renforcer d'ici la fin du mercato. Financièrement, on ne peut pas être acteur sur ce mercato. Cela ne sert à rien de se rassurer sur le court terme avec des joueurs qui n'apporteront rien dans le groupe, c'est comme ça qu'on arrive à empiler 45 joueurs dans un club". À bons entendeurs...